Francis BLANCHE: «Mieux vaut penser le changement que changer le pansement.

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Il ne se passe plus de semaine sans que l’actualité nous informe de violences faites à l’encontre des aînés en institutions d’hébergement ou en logements collectifs [et maisons de chambres].

La campagne électorale est déjà commencée. Les principaux partis en lice (CAQ, PLQ, PQ, QS) ont déjà adopté et diffusé leur plateforme électorale : les aînés y sont «ciblés» avec soin et les promesses se ressemblent beaucoup d’un programme à l’autre. Forcément : les aînés représentent environ un million et demi d’électeurs de 65 ans et plus et sont donc un groupe qui va peser fortement sur l’issue du vote d’octobre prochain.

On en a tellement dit sur les réformes du bon docteur Barrette, sur ses méthodes de contrôle et de gouvernance ou de communication, sur les effets en termes d’accessibilité, de fonctionnement des premières lignes, etc. que le temps est venu de préparer l’avenir au-delà de la critique et de proposer des lignes d’action et des solutions pour améliorer le système de santé et de services sociaux.

Francis Blanche, un humoriste français des années 1950-1960, n’a rien perdu aujourd’hui de son humour mordant, mais aussi de sa lucidité quant au traitement des problèmes sociaux. 

Bien sûr il faut soulager sans délai les souffrances et autres effets de la maladie, «changer le pansement»; mais il est tout aussi prioritaire de remonter des symptômes jusqu’aux causes directes et indirectes des problèmes de santé physique et mentale, de «penser le changement».

Ici comme en France, ça brasse du côté des personnels des CHSLD (en France : les EHPAD) qui réclament des conditions humaines pour les résidents aînés : plus de personnels, plus de temps pour soigner humainement et préserver la dignité.

Le 30 janvier, dans toutes les villes de France, des arrêts de travail, des manifestations de rue, des délégations et des discussions avec l’administration centrale. Un succès notable, puisque 30% des personnels se sont mobilisés à l’appel des syndicats; en appui les personnels de l’aide à domicile, professionnels ou auxiliaires de vie.À l’Assemblée nationale, cinq questions ont interpelé le gouvernement. Déception : le président Macron a refusé de recevoir une délégation porteuse d’une pétition de 300 000 signataires. Une nouvelle journée d’action est prévue pour accentuer la pression sur l’Élysée et sur le gouvernement qui ne tiennent pas leurs promesses antérieures.

La pauvreté de la réforme de la RRQ adoptée par l’Assemblée nationale en décembre n’a d’équivalent que la quasi-unanimité de l’appui des «invités» sélectionnés à la Commission parlementaire.

Il est de tradition d’ouvrir l’an neuf par des vœux. Comme pour exprimer ce que nous souhaiterions vivre à l’avenir, malgré les obstacles et les contraintes, malgré les circonstances défavorables ou les volontés dominantes. Je trouve sain ce rite annuel et n’y manquerai donc pas, mais sans toujours succomber aux risques des vœux qu’on dit pieux, trop loin de la réalité et de ces possibles.

Le projet de loi n°149 modifie la Loi sur le Régime de rentes du Québec afin principalement de bonifier le Régime de rentes du Québec par l’ajout d’un régime supplémentaire.

Enfin ! Le ministre Leitão vient de déposer un important projet de loi instituant un régime supplémentaire de retraite par répartition capitalisé qui viendra progressivement augmenter d’ici 2065 les prestations de la RRQ de 25 à 33%. Les cotisations partagées à parts égales entre employeur et employés seront progressivement augmentées de 2% d’ici 2025 d’ici 2025 pour la partie du salaire inférieure à 55 300 $ et de 8% d’ici 2025 pour la partie du salaire entre 55 300 $ à 63 000 $ afin de couvrir le coût de la hausse du plafond de revenu assujetti au RRQ.

Le ministre Leitão vise ainsi à a ligner le régime RRQ sur le Régime de pensions du Canada. Le prix à payer est plus lourd au Québec à cause du poids démographique du vieillissement collectif. Le ministre Leitão satisfait dans l’ensemble les centrales syndicales qui réclamaient depuis plusieurs mois cette égalité de droits avec le reste du Canada, pour éviter une stigmatisation des retraités futurs comme «les plus pauvres» au Canada.

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